La revanche d’une blonde (2001)

LA REVANCHE D'UNE BLONDE BIBLIOTHEQUE dvdEleonore est une jeune femme pimpante, drôle et, faut-il le préciser, blonde. Connaissant par cœur tous les zigzags scénaristiques des Feux de l’Amour depuis 10 ans, incollable sur les marques de pâté de luxe pour chien, suivant tous les événements du monde de la mode et au fait de tous les soins existants pour le corps de la femme moderne, c’est un peu la vedette de son lycée. A part que son boyfriend –un châtain mal défini, la plaque brutalement car il va entrer à Harvard et exprime désormais le besoin d’une petite amie « moins superficielle » à ses côtés. C’est un peu dur mais d’un autre côté, ça vaut mieux qu’une union mal assortie qui, 3 ans plus tard, finit par un divorce avec un mouflet hyperactif au milieu. Ou pire, une union mal assortie mais qui dure, et une progéniture qui en grandissant finit dans la schizophrénie et/ou le Paysage Audiovisuel Français non crypté. Bref.

Pour reconquérir son chéri, Eleonore décide de changer de braquet et de s’intellectualiser elle aussi. Et comme elle n’a pas beaucoup d’imagination, elle s’inscrit à son tour à la faculté de droit de Harvard. Ça y est, on a tous compris le titre du film. Bienvenue dans La revanche d’une blonde.
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Bon, si je vous ai gratifié du merveilleux synopsis de cette production sainte et boisée, vous imaginez bien qu’à un moment donné, il y a une bibliothèque dedans. En effet, et parce qu’elle a du mal à s’intégrer à cette vie universitaire dont elle ne maîtrise pas les codes, Eleonore essaye de se fondre dans l’indigénat académique en s’incrustant dans un groupe d’étudiants qui bachote à la bibliothèque du campus…

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - groupe de travail
Pour inattendue, sa technique d’approche n’en dénote pas moins un souci méritoire de bouger les lignes du modèle de bibliothèque « temple du savoir » . Comprenez : Eléonore pénètre dans la bibliothèque comme si elle allait à la pêche aux moules, en mode petit chaperon rose avec, au bras, un panier rempli de pains briochés… sûre d’allécher ces êtres atrophiés par les sirènes de l’esprit et si peu soucieux de leur alimentation que sont les étudiants.

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - belles miches

— Je viens pour intégrer votre groupe. Regardez, j’ai apporté des petits pains. Vous en voulez ? »

Devant de si jolies miches, il y a bien un ou deux garçons qui se montrent intéressés mais, pas de chance, il semble qu’au sein de cette meute, ce soient les filles qui aient les postes de commandement. La première et la plus infatuée, qui ressemble à la chanteuse Lio dans une version « les blondes comptent définitivement pour des prunes », commence par envoyer à notre bimbo un sévère :

— Le groupe est complet !

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - lio

Des fois qu’on n’aurait pas compris l’intention, sa camarade (une sorte de Frigide Barjot d’avant la ménopause et l’ouverture du premier magasin Pimkie) enchérit avec outrecuidance :

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - frigide barjot

 — Et puis… il faut être un minimum intelligent aussi !

La vanne est saignante. En guise de répartie, Eleonore essaye de composer une grimace de désapprobation…

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - désappointement

… mais ça ne ressemble à rien, alors de guerre lasse devant l’agressivité incurable de ces manantes de bonne famille, elle choisit de repartir. Gros-Jean comme devant.

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - départ

Des étudiantes qui travaillaient à la table d’à côté ont assisté à la déculottée. Elles proposent à Eleonore une alternative : « Si tu veux, tu peux intégrer notre groupe… on est super cool » . La proposition est aussi argumentée qu’intéressante mais notre héroïne se méfie, vu qu’il s’agit de la bande de lesbiennes du campus et elle craint que celles-ci soient attirées par autre chose que ses brioches mordorées. Elle quitte la bibliothèque.

Aussi attristante soit-elle, cette scène pourra en revanche rassurer la corporation des bibliothécaires qui, à mon avis, culpabilisent trop souvent quand ils voient des usagers fuir la bibliothèque. Et oui, les bibliothécaires croient toujours que c’est de leur faute (horaires mal adaptés, bouquins qui ne plaisent pas, contrariétés au prêt…), mais en vérité, ce qui dissuade les usagers de revenir à la bibliothèque, c’est bien souvent, comme dans cette scène, la faute des autres usagers. Un public en chasse toujours un autre, dirait notre estimé Bertrand Calange…

Plus loin dans le film, Eleonore tente une autre incursion à la bibliothèque, cette fois avec plus de discrétion (épais chandail & bonnet pour cacher ses brioches & sa blondeur) :

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - le bras long

Là, elle rencontre un nouvel obstacle : la légendaire culture de la sélection propre aux facultés américaines. Pour s’assurer que les étudiants sont bien motivés, on a effectivement rangé les livres les plus demandés sur la cime des étagères.

Si Eleonore regrette de ne pas avoir chaussé ses talons aiguilles, c’est à l’avantage du moniteur étudiant de cette b.u., un géant qui peut faire valoir ses atouts en aidant la demoiselle à attraper le bouquin qu’elle convoite. Hum, à se demander si finalement ce n’est pas cet auxiliaire de bib’ qui flanque les livres les plus désirables tout en haut des travées, en manière de technique de drague…

LA REVANCHE D'UNE BLONDE bibliothèque - géant

Pour dire un petit mot sur ce film, La revanche d’une blonde est, on l’a compris, un teen-movie de facture classique qui, sous des dehors de « second degré » plutôt bien sentis, brasse la même et inaltérable aubade au self-made man (ici dans une variante girlie) et à la tolérance (les blondes ne sont pas toutes bêtes… ok) qu’on trouve dans 90% des productions hollywoodiennes. Si les dialogues ne font pas toujours mouche, le pep’s du personnage principal, et surtout l’histoire, font passer un moment agréable, d’autant qu’au milieu du film, les scénaristes ont eu la bonne idée d’incorporer une intrigue judiciaire qui relance astucieusement l’intérêt. Pas mal.

*

Quittons-nous maintenant sur une tonalité ludique, avec ce petit jeu où l’on incarne une jeune fille proche du stéréotype dépeint dans La revanche d’une blonde (cliquer sur l’image pour jouer). L’objectif est de parvenir à s’épiler les gambettes sans se faire gauler par le flamboyant bibliothécaire, remix approximatif de Gérard Jugnot et de Marc Dutroux. Dur-dur.

SCREEN LAZY IN LIBRARY

Si vous aimez la musique de fond de ce petit jeu, il s’agit d’une loop issue de la version instrumentale du morceau Le calme comme essence, in l’excellent album d’Akhénaton sorti en 1995. Ça ne vous rajeunit pas.10veeer

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