W., l’improbable président [2008]

Si vous avez régulièrement l’occasion de vous rendre chez le dentiste ou le chiropracteur, vous connaissez sans doute des choses essentielles sur la vie politique internationale, les grands de ce monde et –petit péché mignon, la vie trépidante de leurs moitiés. Ainsi, je ne vous ferais pas l’injure de vous apprendre qu’avant d’être des premières dames, Mélania Trump allait aux champignons avec son paternel en chantonnant l’Internationale, Brigitte Macron faisait jouer du Jean Tardieu à des adonis de 15 ans et Carla Sarkozy luttait activement contre le cancer de la prostate dans la famille Enthoven.

Saviez-vous, en revanche, qu’un éminent président du monde libre avait épousé une bibliothécaire ? Je veux ici parler de Laura Bush qui, avant de connaître son va-t-en-guerre de mari et d’épauler à temps plein son ascension politique, avait dans les années 1970 travaillé dans une bibliothèque de quartier de Houston puis, toujours au Texas, comme enseignante-documentaliste à Austin. Sachant ceci, je me suis demandé ce qu’en avait fait le féroce Oliver Stone lorsqu’il y a dix ans, il réalisa W. , son film consacré à George W. Bush…

😑

En fait, Oliver Stone n’en a pas fait grand-chose, sinon à nous apprendre que George Walker et sa future femme se furent rencontrés lors d’un barbecue où la mauvaise bière et la bonne country coulaient à flot (texan way of life), et que lorsqu’elle le lui eut révélé, le métier de Laura n’a pas exactement fait bondir de joie le rejeton Bush :

— Et qu’est-ce que tu fais dans la vie, Laura ?

— Je fume, je lis, j’admire…

— Et qu’est-ce que tu admires par exemple ?

— J’admire… les gens qui lisent… et aussi ceux qui écrivent… je suis bibliothécaire.

— Ah… .. (soupir et moue de déception)

 

😁

Comme il a quand même envie d’ensacher la nana, George essaye in extremis de se rattraper. Il lui demande : « Mais pourquoi est-ce que je ne t’avais jamais remarquée avant ? » . Peine perdue, Laura porte haut la fierté de sa corporation et riposte : « Je ne sais pas… probablement parce que je n’ai jamais été pom-pom girl ? ». Cuisant. En guise de représailles, George va prendre immédiatement deux mesures de destruction massive :

  1. il va lui passer la bague au doigt
  2. quelques mois plus tard, alors qu’il sera en plein désarroi électoral et que Laura voudra maladroitement le soutenir, il lui enverra à son tour une réplique pas piquetée des hannetons : « Arrête donc… et d’abord, tu sais quoi ? La politique c’est pas la bibliothèque, la politique c’est la guerre… on se bat, on vit, on s’étripe ! » .

Cheers

 

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